|

|
EILEEN GRAY
Kathleen Eileen Moray Smith est née le 9 août 1878 à Enniscorthy, aujourd'hui en République d'Irlande. Ses parents sont Eveleen Pounden et James Maclaren Smith. En 1893, la famille prend le nom de Gray après que sa mère a hérité d'un titre de Pairie d'Écosse (celle-ci devint Eveleen Smith-Gray, 19e Lady Gray). En 1900, elle découvre Paris à l'occasion de l'Exposition universelle qui se tient dans la capitale française.
Elle commence des études de peinture à la Slade School of Fine Art (section d'art de l'University College de Londres) en 19012 où elle fait la connaissance de Kathleen Scott. En 1902, elle arrive à Paris pour suivre des cours à l'Académie Julian et à l'Académie Colarossi. Deux ans plus tard, Gray retourne à Londres pour continuer sa formation aux techniques de laque et reprend des cours à la Slade School. Elle s'installe définitivement à Paris en 1907 et quitte la peinture pour étudier le laquage sous la direction de l'artisan laqueur Seizo Sugawara. Elle achète un appartement dans un hôtel particulier rue Bonaparte, qu'elle conservera toute sa vie. |
En 1913, elle présente sa première exposition, exposant des panneaux décoratifs au Salon des artistes décorateurs. Elle combine laques et bois rares, abstractions géométriques et motifs d'inspiration japonaise dans son travail. Ceci attire l'attention du couturier Jacques Doucet, amateur et collectionneur d'art. Il lui passe commande de quelques œuvres dont le paravent « le Destin » et la table « Lotus », qui seront les seules créations signées et datées. À ce moment-là, son travail passe souvent inaperçu. À Londres, après le début de la Première Guerre mondiale, Gray doit compter sur le support financier de sa famille. En 1919, Gray est chargée de décorer l'appartement de Suzanne Talbot, une célébrité du monde de la mode dont le The New York Times célébrait l'élégance dans un compte-rendu illustré du 5 mars 1914, rue de Lota à Paris. C'est pour ce projet qu'elle réalise une chaise longue en bois laqué qu'elle baptise « Pirogue », possédant des lignes aux influences africaines populaires dans les années 1920. Son design d'intérieur suscite alors une avalanche d'éloges dans la presse. « L'appartement de Madame Mathieu Lévy était considéré comme un des exemples les plus exceptionnels de l'architecure des années 1920. Eileen Gray avait mis cinq ans à en peaufiner le décor» (Suzanne Talbot était devenue Madame Mathieu Lévy).
Gray ouvre en 1922 la galerie Jean Désert au 217, rue du Faubourg-Saint-Honoré avec l'aide de Jean Badovici, architecte et critique roumain, qu'elle a rencontré l'année précédente. Le couple entretiendra une relation professionnelle et intime. Cette galerie est l'opportunité pour Gray de promouvoir et commercialiser ses réalisations « paravents en laque, mobilier en bois, tentures murales, lampes, divans, miroirs, tapis » selon la publicité de la galerie. La galerie elle-même attire l'attention du monde créatif ; l'influence de Badovici s'y fait sentir. La façade faite d'acier et de verre imaginée par l'architecte roumain contraste fortement avec la façade en pierre de l'immeuble. Bien qu'elle ne soit pas une réussite financière, la galerie séduit la clientèle chic : on peut citer le metteur en scène René Clair, l'écrivain James Joyce ou encore la créatrice de mode Elsa Schiaparelli. Gray obtient alors des commandes pour lesquelles elle collabore avec Sugawara ainsi qu'avec la tisseuse Evelyn Wyld. Elle conçoit en 1923 le « Boudoir de Monte-Carlo » pour le XIVe Salon des Artistes Décorateurs de Paris. Ce projet attire l'attention du mouvement De Stijl, un groupe dont les théories et réalisations l'inspireront par la suite.
| Produits concernés |
|
|
|
|
 |
 |
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|